Jean Dubuffet

(Le Havre 1901 - 1905 Paris)

 

A quinze ans, Jean Dubuffet suit les cours du soir de l’Ecole des Beaux-Arts du Havre, puis, après son baccalauréat, s’inscrit à l’Académie Julian. Il n’y reste que six mois. Entre 1919 et 1922, il fait la connaissance de Suzanne Valadon, Max Jacob, Raoul Dufy, André Masson, Fernand Léger et Juan Gris. Pourtant, il ne peint que ponctuellement et s’occupe de l’entreprise familiale de négoce en vins au Havre. A partir de 1942, il se consacre entièrement à la peinture, produisant une œuvre très abondante qui s’organise généralement en séries. Pendant toute sa carrière, il s’efforce de la situer en marge de la culture traditionnelle, cherche à briser les tabous esthétiques, formels et mentaux, et s’oppose à tout art trop ”élaboré”. Dans ce but, en mai 1948, il est l’un des fondateurs de la Compagnie de l’Art Brut qui réunit notamment dans son comité Michel Tapié, Charles Ratton, Jean Paulhan et André Breton. Il s’attaque également à la représentation de l’homme avec ses portraits Plus beaux qu’ils croient (1947) et ses Corps de Dames (1950). D’autre part, Dubuffet cherche à remplacer l’huile, et entame des recherches sur la matière dans des séries telles que les Hautes Pâtes (1946) et les Sols et Terrains (1951). A l’instar de Fautrier, il incise, coupe et racle dans ces pâtes au moyen du grattoir et dessine même avec ses doigts. Enfin, avec le cycle de l’Hourloupe de 1962 à 1974, l’artiste aboutit à un monde purement mental. Il opère un retour en 1974 vers ce qu’il appelle une “terre plus ferme” et ne cesse jusqu’à sa mort en 1985 de poursuivre cette intense réflexion sur l’art.